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Page 1 sur 3 En cette fin des années 40 et début des années 50 rien n’est simple pour la photographie et encore moins la photographie sous marine. Il ne faut pas oublier que la 2ème guerre mondiale vient de se terminer et que les soucis sont plus d’ordre domestique (la nourriture, le chauffage) que photographique. Néanmoins, la commercialisation des premiers appareils de plongée (CG 45 de la Spirotechnique, Comeinhes, Poumondeau) suscitait de nouvelles vocations et engendrait la création de Clubs de plongée. Le plus célèbre fut le Club Alpin Sous Marin de Cannes (CASM) fondé en 1946, par Henri Broussard.
Par ailleurs, Tailliez, Cousteau et Dumas avaient fondé le Groupe de Recherche Sous Marine (GRS) de la Marine Nationale en 1945 dont une des tâches était le repérage et la photographie des épaves.
Les appareils photographiques de qualité étaient peu nombreux et coûteux (voir ci-après en anciens francs de 1955-57) :
- le
Rolleiflex au format 6 X 6 entre 110.000 et 135.000 francs
- le
Leica au format 24 X 36 entre 115.000pour le modèle IIIF et 155.000 francs pour le M3
- le
Robot au format 24 X 36 qui avait la particularité primordiale, pour la photographie sous marine, d’être le seul à avoir un moteur pour l’avancement du film et l’armement de l’obturateur au prix de 117.000 francs
- le
Foca au format 24 X 36, seul appareil français de qualité (qui venait de connaître son heure de gloire au sommet de l’Annapurna le 2 juin 1950, 1er sommet de 8.000 mètres conquis par les hommes, deux français en l’occurrence, Maurice Herzog et Louis Lachenal) avec un prix abordable de 37.000 francs
A titre de comparaison la 4CV Renault coûtait 320.000 francs, le salaire d’un ouvrier était d’environ 15.000 francs par mois et le kilo de pain 56,60 francs, soit 1 euro d’aujourd’hui.
A cette époque n’était commercialisé, avec parcimonie et à quel prix (123.100 anciens francs en Algérie !), que le Rolleimarin que Hans Hass avait mis au point avec la firme Franke et Heidecke de Brunschwig (Messieurs Franke et Heidecke avait inventé et mis au point le Rolleiflex en 1920).
Pour le reste, il fallait faire preuve d’ingéniosité et d’imagination.
C’est ainsi, par exemple, que Dimitri Rebikoff préconise la « cocotte minute » modèle dont le couvercle est serré de l’extérieur par une barre transversale et une vis de pression. De cette façon, la pression de l’eau aura tendance à serrer le joint et augmenter l’étanchéité. Le hublot, ainsi que le déclenchement de la commande seront montés sur le fond de la marmite.
Serge de Sazo a utilisé un caisson « maison » pour un Rolleiflex sur la photo datée de 1947. (page suivante)
Pour ce qui nous concerne, à la SOGETRAM, nous avons utilisé les services de Robert Diot qui nous a « bricolé » un certain nombre de caissons étanches pour nos appareils photos et caméras (boîte avec système « respirant » avec une bouteille d’air comprimé pour compenser la pression).
On voit surtout apparaître, dans les revues et dans les livres, des conseils, des plans pour la construction de « sa » boîte étanche. Soit en métal (bronze, alliage aluminium coulé, tôle soudée) soit en plexiglas collé (assez fragile).
Inutile de préciser qu’il y eu beaucoup de « noyades » d’appareils photos. Il fallait alors sortir de l’eau le plus vite possible et faire tremper son appareil dans de l’eau douce en espérant pouvoir le faire réparer (expérience vécue par l’auteur) !!
Puis, au début des années 50 commencent à être commercialisés des boîtiers performants et abordables.
En France c’est Georges Beuchat de Marseille qui commercialise le « Tarzan » pour le Foca, le Leica et le Robot.
Ce caisson, conçu avec l’aide de Henri Broussard, prend le nom de la gamme des matériels de plongée de la firme. Il est en deux parties, en aluminium fondu massif (près de 2 kg) L’étanchéité de la boîte et de son couvercle se faisait par un joint disposé de telle sorte qu’il soit écrasé par la pression. Par contre on ne pouvait modifier la mise au point ou le diaphragme une fois le caisson fermé. L’appareil photographique était fixé sur un berceau, glissé à l’intérieur et fixé par une cale. Il n’y avait que 2 boutons de commande : un pour armer l’appareil, l’autre pour le déclenchement. L’étanchéité de ces commandes se faisait par joints toriques.
Dimitri Rebikoff indique : « …par ailleurs le système de fixation à l’intérieur du boîtier manque de précision, le bouton de commande tombant rarement en face des commandes de l’appareil. » Avant de fermer la boîte étanche, il faut donc régler la distance, l’ouverture et la vitesse.
Une valve permettait de mettre le caisson sous pression et de vérifier son étanchéité. Les premiers modèles se caractérisent par l’utilisation d’un objectif court, 35 mm, soit 47 mm sous l’eau. En 1954 il figure dans le catalogue Photo-Plait au prix de 22.320 anciens francs. Ensuite seront commercialisés des caissons pour objectif de 50 mm.;
Le FOCASCAPH’, toujours conçu par Georges Beuchat, reprend le concept du « Tarzan » en y apportant quelques modifications. Les commandes sont améliorées.
L'armement s'effectue comme sur le Tarzan par un bouton appuyant sur le bouton d'armement de l'appareil mais il existe une possibilité de réglage de la mise au point par un levier. Diaphragme et vitesses ne sont toujours pas réglables. Ce caisson est commercialisé par la Spirotechnique et il figure au même catalogue de 1954 de Photo-Plait mais au prix de 26.340 anciens francs, soit 4.000 anciens francs de plus !! Le « Focascaph’ » est parfois dénommé « Aquaphot »
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